Le navire de la marine mexicaine ARM Isla Holbox arrive dans la baie de La Havane avec de l’aide humanitaire pour Cuba, le 12 février 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )
L'aide humanitaire promise par le Mexique est arrivée jeudi à Cuba au moment où le pays traverse une très grave crise énergétique sous la pression des Etats-Unis, tandis que la Russie et le Chili ont également annoncé vouloir aider l'île communiste.
Deux navires de la marine mexicaine, le Papaloapan et l'Isla Holbox, chargés de plus de 800 tonnes d'aide humanitaire envoyées par la présidente de gauche mexicaine Claudia Sheinbaum, sont entrés en début de matinée dans la baie du port de La Havane, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a remercié son homologue mexicaine. "Les aides humanitaires de nos frères mexicains ne valent pas seulement pour leur cargaison matérielle. En elles, voyagent la solidarité, l'amitié" entre les deux pays, a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
L'arrivée de cette aide humanitaire intervient alors que le Mexique tente de négocier une éventuelle livraison de pétrole à destination de l'île sans être sanctionné par les Etats-Unis, qui ont menacé d'imposer des droits de douane aux pays envoyant du carburant à Cuba.
Selon le gouvernement mexicain, les cargaisons, d'un total de 814 tonnes, comprennent notamment du lait liquide et en poudre, des produits carnés, des biscuits, des haricots, du riz et des articles d'hygiène personnelle. Plus de 1.500 tonnes de lait en poudre et de haricots sont encore en attente d'être envoyées.
"Le Mexique a toujours été un pays solidaire de Cuba" et Claudia Sheinbaum "a été ferme dans ses déclarations de solidarité", a déclaré à l'AFP une habitante de La Havane, Marila Garcia, 52 ans.
Eliécer Rodriguez, un pêcheur de 34 ans, a souligné que face aux pressions de Washington, "le seul qui répond en ce moment, c'est le Mexique".
D'autres pays ont fait part de leur intention d'envoyer de l'aide à l'île.
Le navire de la marine mexicaine ARM Papaloapan arrive dans la baie de La Havane avec de l'aide humanitaire pour Cuba, le 12 février 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )
La Russie, un allié de La Havane, doit envoyer "bientôt" à Cuba du pétrole à titre d'"aide humanitaire", a rapporté le quotidien russe Izvestia, citant des sources diplomatiques.
"A notre connaissance, la Russie doit fournir bientôt du pétrole et des produits pétroliers à Cuba à titre d'aide humanitaire", ont déclaré des diplomates de l'ambassade de Russie à Cuba non nommés, cités par le site du journal jeudi matin.
- "Besoins du peuple cubain" -
Au Chili, le ministre des Affaires étrangères, Alberto van Klaveren, membre du gouvernement sortant du président de gauche Gabriel Boric, a annoncé une "aide financière" à travers des "organismes multilatéraux".
Son ministère a précisé par la suite dans un communiqué que cette aide financière, dont le montant n'a pas été précisé, serait faite à travers l'Unicef.
Un pêcheur observe le navire de la marine mexicaine ARM Papaloapan à son arrivée dans la baie de La Havane avec de l'aide humanitaire pour Cuba, le 12 février 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )
"Aujourd'hui, c'est une question d'intérêt humanitaire, au-delà des caractéristiques politiques que peut avoir son régime. Ce qui nous importe, c'est de répondre dans la mesure du possible aux besoins du peuple cubain", a-t-il déclaré en conférence de presse.
L'île de 9,6 millions d'habitants est confrontée à une profonde crise économique, exacerbée par la suspension des livraisons de pétrole brut en provenance du Venezuela à la suite de la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, proche allié du gouvernement cubain.
Le navire de la marine mexicaine ARM Papaloapan arrive dans la baie de La Havane avec de l’aide humanitaire, à La Havane, le 12 février 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )
La Havane accuse le président américain Donald Trump de vouloir "asphyxier" l'économie de l'île, où des mesures d'urgence, telles que le rationnement de l'essence, la semaine de quatre jours dans les administrations, le télétravail ou encore les cours universitaires à distance, sont en vigueur depuis lundi.
La pénurie de carburant a également conduit les autorités sanitaires du pays à réduire le personnel présent dans les hôpitaux et suspendre les opérations chirurgicales non essentielles.
"Interférer dans les importations de combustible pourrait provoquer une grave crise humanitaire, avec des effets en chaîne sur les services essentiels", a mis en garde jeudi dans un communiqué un groupe d'experts auprès de l'ONU, mais qui ne parlent pas au nom des Nations unies.
L'étau énergétique de Washington frappe une île déjà aux prises depuis six ans avec une sévère crise économique marquée par un manque de devises, une forte inflation, des pénuries en tout genre, de longues coupures d'électricité, sous les effets conjugués du durcissement de l'embargo américain et des faiblesses structurelles de son économie centralisée.

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